Alexandre: "Il faut savoir ce que tu veux"

Nous allons aujourd’hui présenter le profil atypique d’un ancien étudiant de l’ISMANS-Groupe CESI, une école d’ingénieurs située dans la ville du Mans, qui a bien voulu partager son expérience sur le forum de World like Home.

Alexandre** est un ingénieur en mécanique, spécialisé en modélisation calcul et optimisation de structures. Aujourd’hui salarié dans une entreprise du naval, il a eu un parcours des plus atypiques, que vous allez découvrir dans les prochaines lignes.

En début 2012, alors en 4ème année d’école d’ingénieur en génie mécanique à l’Ecole Nationale Polytechnique de Yaoundé, au Cameroun, Alexandre souhaite compléter sa formation de conception mécanique.

“Je souhaitais me doter des capacités nécessaires pour intervenir sur l’ensemble de la chaîne de valeur de la conception-simulation-test-fabrication d’un équipement à fonctions mécaniques"

Un an plus tôt, son école nouait un accord d’échange et de double diplomation avec l’Institut Supérieur des Matériaux et Mécaniques avancés du Mans (ISMANS) devenu depuis ISMANS-Groupe CESI. Alexandre saisit alors l’opportunité offerte par cet accord et décide, dans le cadre de ce partenariat, d’intégrer l’ISMANS. Ayant entamé sa 5ème et dernière année d’école d’ingénieurs à l’Ecole Polytechnique de Yaoundé, il prépare son dossier, et obtient une admission pour intégrer l’ISMANS en 4ème année, dans le cadre du double diplôme.

L’arrivée en France à l’Institut Supérieur des Matériaux du Mans

Alexandre arrive alors en France en mars 2013, pour intégrer l’ISMANS au 2ème semestre de la 2ème année du cycle ingénieur (Bac+4). Etant en France, il valide son diplôme de Polytechnique Yaoundé après avoir effectué un stage au sein de l’ISMANS, conformément aux termes de la convention entre les deux écoles.

Rendu ensuite en 3ème et dernière année du cycle d’ingénieur (Bac+5) à l’ISMANS, il doit désormais valider son année, afin d’obtenir le diplôme d’ingénieur délivré par l’école Française. Pour se faire, il doit trouver un stage de fin d’études, qui lui servirait aussi de tremplin pour entrer dans le monde professionnel.

En 2012, encore au Cameroun, Alexandre participe à une conférence organisée par une multinationale Française proposant des prestations touchant divers domaines, notamment celui de la mécanique et des matériaux. La conférence porte sur les applications du calcul de structures dans le domaine marin et offshore. En 2013, déjà à l’ISMANS, il reçoit des propositions de stage de l’un des organisateurs de la conférence à laquelle il avait assisté un an plus tôt au Cameroun. Malheureusement, il doit décliner ces offres car la convention régissant son entrée à l’ISMANS le contraint à effectuer son stage dans le laboratoire de l’école. A ce moment-là, il leur fait savoir qu’il les relancerait quelques mois plus tard, au moment de la recherche du stage de fin d’études ISMANS.

La période de début de stage de 5ème année arrivant à grand pas, il envoie alors plusieurs CV, un peu à la volée. Il n’obtient pas de réponse satisfaisante, mais sa motivation ne désemplit pas.

“Honnêtement j’ai arrêté de compter au 60ème CV envoyé. Au-delà, je pouvais envoyer pas moins de 20 CV par semaine”

C’est alors qu’il se souvient des opportunités reçues de la multinationale française un an plutôt. Il leur envoie alors sa candidature spontanée, et là… Bingo! Il se trouve qu’à ce moment-là cette société recherchait justement plusieurs stagiaires. Il signe alors rapidement une convention de stage. Il constatera plus tard que certains de ses CV envoyés précédemment ont eu l’effet escompté auprès d’entreprises prestigieuses, à l’instar du Groupe Renault, qu’il a dû décliner.

La recherche de travail

Deux mois avant la fin de son stage, Alexandre poste son CV sur le site de l’APEC, célèbre jobboard pour l’emploi des cadres en France. Il reçoit rapidement plusieurs appels, principalement des sociétés de conseil. Son stage de fin d’études jouant en sa faveur, il signe avec l’une d’elles son premier CDI. Le poste correspond en de nombreux points à ce qu’il a fait pendant son stage, ce qui favorise la signature.

Changement d’employeur

Après quelque 2 années dans la même entreprise, Alexandre a dû changer d’employeur, suite à des mésententes, mais également dans le but d’évoluer. Aujourd’hui, il travaille dans un domaine voisin, avec le même type de structures.

Le message d’Alexandre aux jeunes en fin d’études ou en début de carrière

“Il faut savoir ce que tu veux, construire ton projet professionnel sans trop te noyer dans la masse d’informations de tes aînés qui ont eu leur parcours à eux”

Il recommande d’être pragmatique, objectif et persévérant. Savoir saisir des opportunités, savoir partir quand il le faut, et de garder le moral. Maintenir une bonne cohérence sur toute la ligne, et ne pas vouloir systématiquement ce que les autres ont voulu.

Les candidatures spontanées, les réseaux, les forums de l’emploi, les sites d’emploi, l’entraide, et bien d’autres, sont des moyens d’obtenir le poste désiré.

“Il y en a dans mon cercle d’amis qui ont trouvé un stage, un emploi, grâce à un autre”.

Alexandre met néanmoins l’accent sur un point: il faut toujours avoir un plan B!

“Le marché du travail est un monde de loups. Avant d’avoir sécurisé sa position, rester sur le marché de façon à avoir une voie de sortie.”

Il recommande également d’avoir auprès de soi un partenaire qui nous soutient et qui nous donne des raisons d’avancer.

“Ça va faire rire plus d’un, mais c’est hautement important. Les motivations pour un emploi sont d’abord des motivations personnelles, privées.”

Savoir se vendre

Enfin, Alexandre incite les jeunes actifs à apprendre à se vendre. C’est une chose difficile, mais il faut y travailler.

“Prenez un frère, un ami. Faites-le asseoir et faites votre présentation. Enregistrez-la pour l’analyser par la suite. Rassurez-vous que votre auditeur a compris ce que vous vouliez qu’il comprenne. Répétez l’exercice plusieurs fois, de manière à être rodé, allez à l’essentiel et respectez le temps imparti.

Demandez à toutes les personnes qui vous entourent de dresser vos points forts et points faibles. Ne mentez pas là-dessus lors d’un entretien, car cela démontre votre objectivité et votre capacité à vous améliorer. Présentez les points faibles sur lesquels vous travaillez déjà et montrez qu’il y a eu du progrès, et que vous pouvez encore faire mieux.”

Et vous? Avez-vous été inspiré par le parcours d’Alexandre? Que pensez-vous de ses conseils? N’hésitez pas à vous exprimer en commentaires.

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** Le prénom a été modifié, afin de préserver l’anonymat de la personne concernée

Orel Kevin Meva’a
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